Impossible d'oublier toutes ces années passées. Tu s'ras toujours au top. Ya l'début. Quand ta langue est aimantée à la sienne. Des projets, des baisers, des baisers, des projets. Ta vie tu t'sens aimée autant que tu l'aimes. Quand tu commences une phrase qu'il peut finir lui-même. Quand y'a moins de silences, qu'ça vous gêne pas d'vous regarder en chiens d'faïence. Quand il a ton coeur sur sa main. Quand t'as pas besoin de penser à demain. Y a l'début. Et puis y a la suite. Premiers textos. Premiers regards. Premiers baisers - ouvrez la parenthèse "échangéééééés sur une plaaaaaaaaage en étééééééé" fermez la parenthèse - Tu te sens pousser des ailes. Attirante, envoûtante comme un Kinder Bueno. Tu n'dors plus, tu n'manges plus, de peur de rater un moment propice à penser à lui. Le sourire aux lèvres et le coeur en fleur, tu pues l'bonheur à des kilomètres. Y a pas d'âge pour aimer. Pas d'âge pour donner. Se donner. Tu mets même des sous-vêtements aux couleurs acidulées. Et tu dessines.Des coeurs, des fleurs, des lapinous mignons qui jouent à saute-mouton. En cours ou au tel. Ta langue se délie, toujours pour parler de lui. Tes ami(e)s sont là pour te soutenir dans les purs moments. Des projets, des baisers, des baisers, des projets. Ta vie s'résume à ça. A peu près. T'es tellement heureuse que si t'éclatais t'enverrais des p'tits bouts d'bonheur un peu partout dans l'monde. Tu t'sens l'âme légère et humanitaire. Tu l'vois pas mais en vrai tu crains grave. Mais ça n'fait rien, ça passera. Et ça passe. A un moment que t'arrives pas vraiment à situer. Ce moment où il ne t'a pas vu faire pipi mais c'est tout comme. Ce moment où comme Lolita Pille t'es passée du trop tôt au trop tard. Ce moment où l'habitude a dégagé la passion d'un coup d'épaule. Tu sais que dorénavant il les voit, elles. Et toi tu t'rends compte qu'ils te voient aussi. Comme si c'était nouveau. T'es retombée dans le monde réel. Et là, doucement, dignement, tu descends de ton pied d'estale. Un pied, puis l'autre. Tu vois défiler devant toi les barreaux de l'échelle grâce à laquelle il t'avait montée si haut. P't-être que finalement c'était pour qu't'ailles te décrocher la lune toi-même. Vous avez vécu trop d'bons moments pour qu'tu décides de l'quitter. Trop d'mauvais pour qu'tu t'empêches de douter. La balance bouge, puis se replace. Tout est bancal. Et ça fait un moment que Kinder a élargi sa gamme. Mieux qu'toi, ça s'trouve à chaque coin d'rue. Tes ami(e)s, tes confident(e)s, ça fait un moment qu'ils aussi ont fait leur vie. Sans toi. Les amours vous ont éloigné(e)s sans que vous l'vouliez. Lui est toujours là. Mais toi? Il écoute la musique qui LUI plait et se met à critiquer des choses en toi qu'il disait adorer. Des choses qui font qu'tu es toi et que tu n'peux pas changer. Le syndrome de la télécommande existe. Vraiment. Il fait ses choix et parvient à les faire sans toi. Y a des concessions qui commencent à t'peser. Tu t'demandes à quand remonte la première fois qu't'as pensé noir alors que lui disait blanc. La première fois qu'tu t'es dit qu'il faudrait te battre pour le garder. Ce shampooing charmant qui t' rendait les cheveux si brillants. Mais ce n'est pas fini, c'est sûr. Puisque c'est lui. Alors tu fermes les yeux et tu remets des soutifs vert pomme. A croquer. Pfff t'as craqué. C'est pas ça qui va te re-rendre inaccessible et parfaite à ses yeux. Il est celui qui te connait le mieux. Mais, justement, il est en quête de découverte. L'estomac n'est pas stérile et les papillons sont éphémères. Faut croire que trop vite vous vous êtes perdus. Il avait ton coeur sur sa main. Mais il a serré trop fort le poing. Et tu t'mets, trop souvent, à imaginer ce que vous auriez pu...
J'pourrai quand même crier qu'il n'y a que toi que j'aime sur tous les toits. Et ça c'est pas cette putain d'garce de vie qui m'en empêchera.